Les deux professeurs qui ont aspergé Jean-Michel Blanquer de chantilly à Montargis condamnés

Deux professeurs à la barre du tribunal face à leur ancien ministre, absent et non représenté.

Démonstration et soutien devant le tribunal

Ce procès correctionnel fait suite à l’échec d’une première audience de plaidoyer.

L’ancien ministre de l’Éducation nationale (2017-mai 2022) avait été aspergé de crème lors d’un remorquage le samedi 4 juin sur le marché de Montargis. L’ancien homme fort des gouvernements Philippe et Castex était alors Candidat Renaissance à la députation dans la quatrième circonscription du Loiret, avant de manquer de peu le second tour (189 voix). Il a depuis déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel.

A l’intérieur du tribunal, une quarantaine d’enseignants et de syndicalistes s’étaient rassemblés pour soutenir les deux prévenus.

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“Recycler notre rage en jet de chantilly”

Pour les deux professeurs, arts plastiques et technologie, exerçant dans le Montargois, ce geste était pour eux un moyen pour exprimer leur “colère”, leur “indignation”, “recycler notre rage en jet de chantilly” face aux “conditions de travail dégradées” des enseignants.

Une autre manière de s’opposer à la “le parachutisme” du candidat de la Renaissance à Montargis.

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“Je gère la misère au quotidien (…) sans moyens”

“Je suis enseignant depuis 17 ans dans un collège en zone prioritaire. Je gère la pauvreté au quotidien (…) sans moyens”, témoigne à la barre Olivier.

Après avoir arrosé l’ex-ministre de chantilly, le prévenu s’est dit pris à partie par Jean-Michel Blanquer : “Il m’a dit qu’il allait me faire virer de l’Éducation nationale“.

Malmené pendant la crise du Covid, le ministère ne nous a pas protégés, nous n’avions ni masques ni protections. J’ai vu la souffrance des collègues”, complète Christophe, également auteur de BD.

Le 4 juin, Olivier”voulait toucher l’estime de soi” de l’ancien recteur de l’académie de Créteil : “Je pense qu’on subit des violences bien plus fortes qu’un jet de chantilly, on a vécu des agressions bien plus graves au sein de l’école. Des violences verbales, des violences physiques”.

“Jamais la protestation ne devrait s’exprimer par la violence”

« Le droit à la critique et à la protestation sociale trouve de multiples façons de s’exprimer. La protestation ne doit jamais s’exprimer dans la violence. La violence ne peut être une arme politique, explique dans ses réquisitions le procureur de la République de Montargis, Jean-Cédric Gaux. Pour la victime, c’est un acte humiliant et violent.

Le parquet a requis un cours de citoyenneté et une amende de 1 000 euros pour chaque prévenu.

“On le voit sourire sur les photos”

“La violence ne sort pas d’eux. Ce ne sont pas des tartiers. Il n’y a pas eu de contact physique ni de choc physique. Et où est le choc émotionnel ? Dix minutes plus tard, Jean-Michel Blanquer tweetait. On le voit sourire sur les photos”, conteste l’avocat de la défense, Me Benoît David qui demande la libération et, en cas de condamnation, il n’y a pas d’inscription au casier judiciaire (ce qui leur aurait coûté leur emploi).

Appel de la décision

Le tribunal a déclaré les deux prévenus coupables de “violences commises en réunion sans incapacité totale de travail”. Ils doivent payer une amende de 300 euros chacun et la condamnation ne sera pas inscrite sur leur casier judiciaire.

Après l’annonce de la condamnation, la défense, par la voix de Me Benoît David, a indiqué sa déception : « C’est une décision qui, à mon sens, vise à satisfaire les deux parties en dissuadant un éventuel appel. Dans le domaine du droit, selon nous, ce n’est pas la vérité, la justice qui a été rendue.

Après l’audience, les deux professeurs ont annoncé qu’ils faisaient appel de la décision.

Sylvain Riollet

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