Taxes ou pas sur les grandes entreprises : Berlin peint, Percy démine

“Le gouvernement allemand n’a jamais annoncé de taxe sur les sociétés énergétiques super rentables”, a insisté Percy dans une lettre qu’il a envoyée aux journalistes quelques heures après l’annonce de Berlin.

Cette contribution s’adresse aux “entreprises qui bénéficient du prix du gaz car elles produisent de l’électricité à partir du charbon, du nucléaire ou des énergies renouvelables”, précise-t-on à Paris. C’est exactement ce que fait la France […] Les mécanismes ne sont pas forcément les mêmes, mais la logique est la même […] Elle a tenté d’acquitter le ministère.

Espagne et Italie

La réaction est intervenue quelques heures seulement après que l’Allemagne a présenté un plan de 65 milliards d’euros visant à atténuer les effets de l’inflation. Dans ce contexte, le gouvernement allemand a annoncé, dimanche matin, qu’il exigerait l’instauration d’une contribution obligatoire au niveau européen à charge des entreprises opérant dans le secteur de l’énergie. Cette mesure n’est “pas une loi fiscale”, a déclaré le ministre libéral des Finances, Christian Lindner.

Mi-juillet, l’Espagne a déjà annoncé une taxe sur les bénéfices extraordinaires des grandes sociétés énergétiques et financières. Auparavant, l’Italie et le Royaume-Uni taxaient les bénéfices des géants pétroliers et gaziers.

“augmentations artificielles”

Convoqué en fin d’après-midi au LCI, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, s’est montré favorable à “l’utilisation de ressources exceptionnelles, notamment les retraites” afin de “réduire l’impact de l’inflation sur à la fois des particuliers plutôt que des entreprises.Mais il a insisté sur l’importance de limiter le périmètre de cette contribution aux “augmentations artificielles que certains acteurs de l’énergie ont pu réaliser”.

Le commissaire a argumenté : “En France, j’ai l’impression qu’on a étendu (l’idée de taxer les ‘grandes entreprises’) à l’ensemble du secteur économique, ça me paraît un peu risqué voire risqué.”

En France, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire est farouchement opposé à l’idée de taxer les grandes entreprises multinationales, tandis que la Première ministre Elisabeth Borne ne “ferme pas la porte” en dernier recours.

Avant l’appel de Percy, la députée européenne Manon Aubry (La France insoumise) a applaudi sur Twitter que “le rôle de l’Allemagne dans la fiscalité des super-profits”. “Encore faux! Bruno Le Maire a répondu sur le réseau social : “L’Allemagne a décidé de créer une contribution obligatoire des énergéticiens déjà en France qui génèrent plusieurs milliards d’euros.”

Percy doit présenter dans les prochains jours son projet de budget pour 2023, qui détaillera la stratégie du gouvernement pour lutter contre l’inflation, notamment énergétique. Alors que le bouclier tarifaire sur les prix du gaz doit expirer le 31 décembre 2022, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a confirmé samedi à France Inter que le “régime bouclier” serait maintenu en 2023.

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