Airbus propose une solution basée sur son avion Beluga ST “surdimensionné” pour le transport aérien stratégique

A ce jour, pour satisfaire en partie ses besoins de transport aérien stratégique, le ministère des Armées a eu recours soit au contrat SALIS [Solution intérimaire pour le transport aérien stratégique]attribué par l’OTAN à la société privée ukrainienne Antonov Logistics Salis, ou via une procédure dite de “bon de commande”.

Mais dans un cas comme dans l’autre, les forces françaises ont affrété des avions de transport surdimensionnés An-124-100, capables d’embarquer une charge de 120 tonnes, voire, sous réserve de disponibilité, des avions de type AN. 22, AN-225 et IL-76 [de conception russe, ndlr].

En 2017, l’ancien député François Cornut-Gentille avait remis un rapport dans lequel il s’inquiétait de cette dépendance française aux capacités ukrainiennes. [voire russes] dans ce domaine. « Le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères sont ici adeptes de la méthode Coué : les armées se contentent du bon acheminement des frets et les diplomates de la solidité du couple franco-allemand au sein de l’Otan ! Tout le monde fait semblant de ne pas voir qu’en fait, ce sont les Russes et les Ukrainiens qui contrôlent la projection de nos forces sur les théâtres extérieurs », a-t-il dénoncé.

Depuis, le projet européen SATOC [Strategic Air Transport for Outsized Cargo] a été mis sur les rails dans le cadre de la Coopération Structurée Permanente [CSP/PESCO], avec la participation de la France, de l’Allemagne, de la République tchèque, des Pays-Bas et de la Slovénie. Seulement, il ne devrait pas se concrétiser d’ici 2026…

Evidemment, le contexte actuel, marqué par la guerre en Ukraine, change la donne. Ainsi, par exemple, Antonov Logistics Salis ne disposerait que de trois AN-124… Et le seul exemplaire de l’AN-225 a été détruit lors de l’assaut des forces russes contre l’aéroport d’Hostomel. Et il n’est plus question de demander des Il-76.

D’où la proposition d’Airbus basée sur son avion de transport surdimensionné A300-600ST “Beluga”, principalement utilisé depuis les années 1990 pour transporter des pièces volumineuses d’un site industriel à un autre.

Pour cela, Airbus Defence & Space a développé, sur fonds propres et en un an et demi, un système de chargement “pour soulever des cargaisons militaires hors normes” dans la soute d’un A300-600ST. Et cela a été démontré lorsqu’un hélicoptère de transport lourd CH-53 de la Bundeswehr a été chargé à bord d’un Beluga ST le 21 septembre à Manching [Allemagne]. L’opération a duré une heure.

« La demande de capacités de transport surdimensionnées est en augmentation. Cette capacité est rare et, compte tenu des évolutions géopolitiques actuelles, de nombreux clients recherchent de nouvelles solutions rapides et efficaces. C’est exactement ce que nous proposons avec notre flotte de Beluga ST », a expliqué Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space.

« Nos équipes ont travaillé sur une solution de manutention rapide, efficace et autonome pour charger du fret militaire lourd sur l’avion. La rapidité, l’agilité et l’autonomie sont des éléments cruciaux pour nos clients lorsqu’il s’agit de telles opérations », a-t-il ajouté.

Pour l’instant, seule la Bundeswehr a manifesté son intérêt pour cette solution. Selon Airbus, il doit également le certifier dans les prochaines semaines.

Bimoteur, long de 56,15 mètres pour une envergure de 44,84 mètres et une hauteur de 17,24 mètres, le Beluga ST peut parcourir plus de 4 600 km avec une charge de 20 tonnes et 2 780 km avec 40 tonnes dans sa soute. Sa charge maximale est de 47 tonnes. Pour ses propres besoins, Airbus est en train de le remplacer par l’A330-743L “Beluga XL” aux dimensions plus importantes et capable de transporter 53 tonnes sur une distance de 4 000 km.

Photo : Airbus Defence & Space

Leave a Reply

Your email address will not be published.