après un été encore marqué par la canicule, le Grand Est va connaître de plus en plus de journées et de nuits anormalement chaudes

Alors que l’été touche à sa fin le 23 septembre, nous vous proposons de faire le point sur cette saison marquée par de nouvelles canicules dans le Grand Est et d’essayer de découvrir ce que cela nous apprend sur les années à venir.

La canicule de 2003 avait marqué les esprits avec des températures suffocantes et une surmortalité importante. L’été 2022 est “le deuxième été le plus chaud observé en France depuis au moins 1900 avec un écart de +2,3 °C par rapport à la moyenne 1991-2020, précise Météo France dans un rapport publié le 30 août. L’été 2003 reste le plus chaud jamais mesuré en France avec une anomalie de température de +2,7°C.

Trois canicules consécutives ont été enregistrées en France métropolitaine cette année : du 15 au 19 juin, du 12 au 25 juillet et du 31 juillet au 13 août. Ces 33 jours de canicule constituent un total jamais vu depuis 1947. En 2003, il y a n’ont été que 22 jours de canicule.

En 2022, le nombre de décès enregistrés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) entre le 1er janvier et le 22 août est supérieur de 7,5 % à celui mesuré sur la même période en 2019, année sans épidémie de Covid-19. Dans le Grand Est, la surmortalité sur la même période est de 6,5 %. On note des disparités départementales, avec une surmortalité plus marquée dans les Vosges et le Bas-Rhin (respectivement +9,3 % et +9,5 %) qu’en Haute-Marne ou dans l’Aube par exemple (respectivement +1,3 % et +0,6 %).

Certes, tous les décès ne sont pas imputables à la canicule, mais l’INSEE estime que “Le niveau élevé de décès toutes causes confondues en juillet 2022 s’explique probablement par la canicule survenue à la mi-juillet, après un premier épisode de canicule à la mi-juin”. Mais l’institut statistique se garde bien d’aller plus loin sur les causes de décès. Santé publique France publiera prochainement un bilan spécifique des canicules pour l’année 2022.

Malheureusement, l’été record que nous avons connu risque de se banaliser dans les années à venir. Dans une étude conjointe publiée le 30 août, Météo France et l’Insee ont simulé les étés des trois prochaines décennies. Il ressort de leurs travaux qu’une grande partie du territoire métropolitain sera confrontée à des journées et des nuits plus anormalement chaudes en été. Seuls les littoraux devraient pouvoir y échapper.

L’étude définit les périodes anormalement chaudes comme étant marquées par une température maximale (diurne) ou minimale (nocturne) supérieure d’au moins 5 °C à la température de référence calculée au niveau local sur la période 1976-2005.

14% des habitants du Grand Est seront exposés à plus de 20 journées anormalement chaudes durant les mois de juin, juillet et août, estime l’étude.

Si les régions les plus touchées seront l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Occitanie, le Grand Est n’est pas en reste. Toute notre région connaîtra, selon l’étude, au moins 16 à 20 jours anormalement chauds et 8 à 11 nuits anormalement chaudes chaque été au cours des trois prochaines décennies (2021-2050). Sur la période de 1976 à 2005, il n’y a eu qu’un maximum de 15 jours et 7 nuits anormalement chauds en moyenne chaque été.

Dans certains secteurs du Grand Est, la situation va même encore se dégrader. C’est le cas par exemple autour de Forbach en Moselle, ou dans le sud des Vosges autour de Remiremont et Gérardmer. Les départements de l’Aube et de la Haute-Marne seront également touchés, avec une intensité un peu moindre.

« Une journée ou une nuit anormalement chaude ne constitue pas en soi un phénomène à risque. Cependant, leur multiplication et leur succession entraînent la survenue d’épisodes critiques de canicule »détails INSEE.

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