Chronique sensible d’une ado intersexe sur France 5 et Slash

publié le vendredi 23 septembre 2022 à 12h10

Nouvelle pépite de France tv slash, la série “Tender Flesh” dresse le portrait sensible d’une adolescente intersexe, abordant avec délicatesse un sujet quasi inexistant dans les médias mais cher à sa créatrice, Yaël Langmann, attentive à son “foire représentation”.

Disponible en intégralité dès vendredi 18 heures sur la plateforme de France Télévisions dédiée aux jeunes adultes, la fiction, sacrée meilleure série française à Séries Mania, sera également diffusée sur France 5 en soirée.

En dix épisodes d’une vingtaine de minutes, elle retrace la quête d’identité de Sasha (Angèle Metzger), la nouvelle lycéenne, sexuée pendant quelques mois en femme après avoir été élevée en garçon, ce que ses nouveaux élèves ne connaissent pas. camarades.

Car Sasha, victime d’un “mensonge” et de multiples opérations depuis l’enfance, a découvert qu’elle était née intersexuée, ni fille ni garçon.

“Le mot intersexe n’existait pas” à la fin des années 1990 quand Yaël Langmann a été témoin, adolescente, d’une prise de conscience similaire de la part d’une amie dont la “construction identitaire s’est complètement effondrée”, relate-t-elle à l’AFP pour expliquer l’origine de son projet.

“C’était terrifiant et accablant à regarder. Cette personne très sûre d’elle allait très bien” jusqu’à ce que son médecin “lui dise qu’il est hermaphrodite”.

Ce terme, “biologiquement erroné” selon le collectif militant intersexe, puisqu’il désigne “des êtres mi-masculins, mi-féminins, dotés d’un double appareil génital fonctionnel” a depuis cédé la place à l’intersexe, qui concerne jusqu’à 1,7% des naissances et comporte des caractéristiques anatomiques, chromosomiques ou hormonales qui ne relèvent pas strictement de l’un ou de l’autre sexe.

Un sujet tabou qui suscite un “rejet violent” de la part des producteurs approchés par Yaël Langmann depuis qu’elle a commencé à écrire son scénario en 2012. Preuve, selon la réalisatrice, qu'”il fallait raconter cette histoire”.

Après un “long chemin de croix”, son projet a séduit la productrice Clara Laplace, en quête d’une série sur le mal-être adolescent, puis la plateforme slash de France TV, à la pointe des questions de diversité, plus audible dans un “monde qui a changé” .

Le résultat a convaincu les critiques mais a surtout été bien accueilli par la communauté intersexuée, se réjouit Yaël Langmann, qui en a fait une priorité.

Elle a ainsi demandé à Loé Petit, qui a cofondé le collectif Intersexe, de ne pas « trahir » toute une communauté. Tout en retranscrivant au mieux le sentiment d’être “anormal et inadapté”, finalement ressenti par “tout le monde autour” de Sasha.

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