Décès de François Bott, critique littéraire, journaliste et romancier

Amoureux des bonnes paroles, gourmand du verbe et élégant de la plume, l’auteur d’une trentaine d’ouvrages est décédé le 22 septembre, à 87 ans.

Né en 1935 à Laon (Aisne), fils d’un médecin militant à la SFIO, François Bott entre en 1958 à France-Soirée, alors premier quotidien français par tirage ; alors ça passe à L’Express puis mensuel La revue littérairequ’il a fondé à la fin des années 1960, avant de rejoindre et de diriger Le monde des livresentre 1983 et 1991. De cette expérience journalistique et de sa longue fréquentation des livres et des écrivains, il tire en 2010 un touchant récit confessionnel, La Traversée des Jours. Mémoires de la République des Lettres (1958-2008).

Excellent portraitiste (voir Femmes extrêmes et Doit-on revenir de Montevideo ?), amateur de boxe et fou de la « petite reine », François Bott nous a laissé une belle collection de livres d’école buissonnière où l’érudition se teintait de poésie, de fantaisie et d’humour. Et ce depuis la parution de son premier livre, consacré à l’un de ses maîtres, le dandy communiste Roger Vailland, l’auteur de La loi et de 325 000 francs (Les Saisons de Roger Vailland, en 1969). Curieux de tout, Bott avait même “commis”, en 2016, les mémoires imaginaires et intimes du peintre Van Dongen, à l’article de la mort (Le Dernier Tango de Kees Van Dongen).

Quelques années plus tôt, ce supporter inconditionnel du Stade de Reims, amoureux de Deauville, avait publié son récit le plus intime : Les étés de la vieoù il chantait, le temps d’une saison, les “plaisirs précaires, les choses d’ici-bas”.

plume élégante

Dans Écrivains en robes de chambre, Bott, toujours de sa plume élégante, avait croqué sur le vif une quarantaine d’auteurs, constituant autant d’évasions littéraires, dont Boris Vian, Joseph Kessel, Marcel Aymé ou Raymond Chandler. Il avait ainsi campé Jacques Prévert : « Il a traversé le siècle avec son éternel mégot de cigarette, et son fantôme erre encore dans Paris, louant les passions de la jeunesse ou l’épreuve (sourire) des empêchements à la vie. Avec une antipathie particulière pour les amiraux, et beaucoup d’affection pour les plombiers-zingueurs…»

Amoureux des bonnes paroles, avide du verbe, il avait, au soir de sa vie, publié un recueil de pensées, d’observations, de maximes, sous le titre Aphorismes pour le bus & le métro (La table ronde). Il pourrait lire : « Puisque la vie est un voyage, comme l’affirme Mme de Staël, voici une soixantaine d’aphorismes pour les transports parisiens – les bus et le métro. Une sorte de viatique pour voyager dans Paris. Et, venant illustrer ces aphorismes et ces maximes, des souvenirs, des bribes d’histoires, des scènes, des séquences de la vie quotidienne, dans les transports en commun, qui dessinent une géographie sentimentale, une cartographie des âmes. »


VOIR ÉGALEMENT – Despentes, rentrée littéraire : Le Club Le Figaro Culture #6

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