“Dégoûtés”, les Juniors de France se sont fait piéger – News

La déception se lit sur les visages. Même s’ils sont deux à avoir terminé dans le Top 10 (voir classement), les Français pourraient prétendre à bien mieux ce vendredi sur le Championnat du monde junior. “Nous sommes dégoûtés”résume en une phrase Thibaud Gruel, au micro de DirectVélolors du retour à la course des tricolores.

Jusqu’à la cloche, les Français pouvaient encore largement rêver d’arcs-en-ciel. Derrière l’insoutenable Antonio Morgado parti avant le début du dernier tour, la France peut alors compter sur Paul Magnier et Thibaud Gruel, dans un groupe de sept éléments. « Nous avons fait une course parfaite jusqu’au dernier tour. Nous étions tous forts, mais nous nous sommes retrouvés piégés avec (Antonio) Morgado devant », souffle Thibaud Gruel. Paul Magnier prend alors la décision de se sacrifier pour son coéquipier. “Ils pensaient que j’allais mieux”précise l’actuel leader du MorphoLogics Juniors Challenge.

Mais le vététiste, bien trop généreux, n’a pas demandé le moindre relais aux coureurs qui l’accompagnaient. « Nous avons emmené les autres sur un plateau. Nous aurions dû les rouler avec nous. Paul a tout fait tout seul ». Au pied de la bosse, Emil Herzog en a mis un puis s’est envolé pour aller défier le Portugais Antonio Morgado pour la victoire. « Ça s’est fait à la pédale dans le dernier tour. (Emil) Herzog nous a mis dix mètres sur la relance »rapporte Thibaud Gruel, qui a tenté de l’accompagner aux côtés du Norvégien Jorgen Nordhagen, avant de déposer les armes.

“Avec un peu de chance, nous aurions pu le battre”

Derrière le duo de tête, les deux Français se sont battus pour la médaille de bronze au sein d’un groupe de dix coureurs. “J’ai voulu attaquer avec la flamme rouge mais elle est passée juste devant moi, du coup c’était fini… Ensuite ce n’était pas facile de prendre une décision dans le dernier kilomètre”dit Thibaud Gruel s’est classé 7e alors que Paul Magnier a terminé 4e. « C’est décevant, il n’y a pas de médaille. Nous avons fait une bonne course mais ce n’est pas satisfaisant ».

Cité parmi les outsiders au départ, Noa Isidore tient à souligner le bon comportement de ses coéquipiers. Sans cacher une grande déception personnelle. “J’ai tout de suite compris que ça allait être très long pour moi. Je ne comprends pas trop pourquoi j’en suis si loin, ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. J’ai beaucoup travaillé et je suis 22e. J’ai été très régulier cette année, je n’ai jamais eu un jour sans, et maintenant j’en ai plus ou moins un. Je ne peux pas dire que je me sentais mal, je ne l’ai pas fait. Je n’ai aucune explication”. Thibaud Gruel, en revanche, avait “les meilleures jambes” de son année. Ce qui accentue sans doute les regrets. « Je rêvais tellement de gagner ou de gagner au moins une médaille… ».

Bien que déçus, les Français saluent le vainqueur du jour. « Emil est très fort, on s’y attendait. Il était le grand favori. C’est la première fois qu’il me fait si cher »essaie de sourire Noa Isidore. « C’est le numéro 1 mondial, il a gagné la Course de la Paix, le Valromey… Je préfère que ce soit lui plutôt qu’un inconnu qui arrive aujourd’hui. Il le mérite”, ajoute Thibaud Gruel. Mais le coureur d’Indre-et-Loire ne peut s’empêcher de refaire le scénario de la course lorsqu’il évoque l’Allemand au père français. « Il était tout seul aujourd’hui. Nous étions cinq. Avec un peu de chance, on aurait pu le battre ».

Leave a Reply

Your email address will not be published.