Guerre en Ukraine : missiles Satan 2, ogives tactiques… quelle est la taille de l’arsenal nucléaire russe ?

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La mobilisation partielle initiée par la Russie et les référendums sur l’annexion des territoires occupés par l’armée russe font craindre un risque d’escalade, pouvant aller jusqu’à un conflit atomique. Mais quel est l’arsenal russe en matière de tir nucléaire ?

Le risque d’escalade nucléaire s’est accru après les annonces de Vladimir Poutine sur la mobilisation partielle des forces russes et les référendums sur l’annexion des territoires occupés par les troupes du Kremlin. Mais quelle est la réalité de la composition de l’arsenal russe ?

Le plus grand arsenal du monde

Selon Le Bulletin des scientifiques atomiquesun journal dont les directeurs gèrent également l’horloge de la fin du monde, la Russie aurait 4 477 ogives nucléaires utilisables, ainsi que 1 500 autres qui devraient être démantelées prochainement, mais qui sont actuellement intactes, ce qui porte le nombre à environ 6 000 têtes. nucléaire.

Environ 1 588 de ces ogives nucléaires seraient des ogives stratégiques déployées au début de 2022, dont 812 sur des missiles balistiques terrestres, 576 sur des missiles sous-marins et environ 200 sur des bombardiers. Ces chiffres devaient logiquement évoluer avec la guerre en Ukraine et les menaces russes d’utiliser “tous les moyens” pour empêcher un acte sur le territoire russe, symbolisant la volonté d’utiliser l’arme nucléaire en cas de menace.

Ces estimations sont considérées comme réalistes : Lukas Aubin, chercheur associé à l’IRIS et auteur de Géopolitique de la Russie, interrogé par La Dépêche, donnait le chiffre récent de “6 500 ogives, contre 6 185 pour les Etats-Unis et 300 pour la France”. La Russie est donc la première puissance nucléaire mondiale en nombre d’ogives.

Utilisation militaire possible

Ces nombreuses ogives stratégiques ne viseraient pas le champ de bataille, contrairement aux ogives nucléaires tactiques. Lukas Aubin rapporte cependant que “depuis 2011, Vladimir Poutine a autorisé l’utilisation de petites têtes nucléaires sur le champ de bataille”, notamment mobilisé en 2014 : “Certaines têtes avaient été déployées sur des navires russes dans le cadre de l’annexion de la Crimée, selon Vladimir Poutine”.

Et le risque de leur utilisation est réel : « La doctrine nucléaire russe stipule clairement qu’elle est autorisée à recourir aux frappes nucléaires tactiques en cas d’atteinte à l’intégrité territoriale du pays », rappelle Lukas Aubin. Des têtes nucléaires pourraient donc être utilisées sur le champ de bataille suite à une attaque ukrainienne contre les territoires occupés par l’armée russe, si ceux-ci venaient à être annexés, bien que cette hypothèse suppose une escalade brutale du conflit.

Des “effets d’annonce” qui jouent sur l’imaginaire

Lukas Aubin met toutefois en garde contre ces “effets d’annonce” russes : “Des armes comme les missiles RS-28 Sarmat, surnommés Satan 2 [missile longue portée récemment dévoilé par Moscou], servent à magnifier la puissance russe dans l’imaginaire collectif. Ces armes sont impressionnantes, mais moins efficaces que d’autres, comme les drones, qui sont plus pratiques.”

Si l’arsenal nucléaire russe est conséquent, il faut donc garder la tête froide face à ces proclamations qui visent avant tout à faire peur. “L’objectif russe a fonctionné, puisque beaucoup considéraient l’armée russe comme la deuxième au monde avant l’invasion ukrainienne, et depuis les menaces de Vladimir Poutine du 21 septembre, tout le monde semble désemparé, alors qu’il avait tenu les mêmes propos durant la première semaine du invasion”.

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