INFO LA DEPECHE. Le Conseil national de la protection de la nature rend un avis défavorable sur l’autoroute Castres-Toulouse

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C’était prévu. Le Conseil national de protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable sur l’autoroute A69 entre Castres et Toulouse. Le concessionnaire Atosca dit qu’il tiendra compte de cet avis consultatif, qui ne remet pas en cause le projet.

Ce n’est pas vraiment une surprise. Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) a rendu un avis défavorable au projet d’autoroute entre Castres et Toulouse. « Il est en effet assez rare d’obtenir un avis favorable pour un projet de cette nature, le rôle du CNPN étant d’identifier toutes les marges de progrès possibles en faveur de la biodiversité. Le CNPN a également été très attentif à l’intégration des enjeux actuels de transition écologique et énergétique », réagit Martial Gerlinger, PDG d’Atosca, le concessionnaire de la future A69.

Le CNPN est un organisme d’expertise scientifique, technique et indépendant dont le rôle est d’analyser et de donner un avis sur les mesures proposées par un maître d’ouvrage pour éviter, réduire et compenser les impacts d’un projet d’infrastructure. sur la biodiversité. Son avis, consultatif, fait partie intégrante de la procédure préalable à l’enquête publique au titre de l’autorisation environnementale qui aura lieu en novembre.

Pour le CNPN, l’A69 “ne constitue pas un motif impérieux d’intérêt public majeur”

Et le CNPN n’est pas tendre avec ce projet en “ne considérant pas les arguments avancés par le concessionnaire comme suffisants pour constituer un motif impérieux d’intérêt public majeur” malgré la déclaration d’utilité publique décrétée par l’Etat en juillet 2018 après enquête publique. “Ce dossier est en contradiction avec les engagements nationaux en matière de lutte contre le changement climatique, l’objectif zéro artificialisation nette et zéro perte nette de biodiversité, ainsi qu’en termes de pouvoir d’achat”, indique le CNPN qui va jusqu’à de s’interroger sur l’intérêt du désenclavement du bassin, contestant que l’autoroute augmentera l’attractivité du territoire.

Cependant, cet avis ne remet pas en cause le projet et la procédure actuelle. « Cet avis consultatif permettra à Atosca de mener des études complémentaires pour optimiser ses actions », indique également Martial Gerlinger qui affirme que « l’A69 est résolument une infrastructure de mobilité durable compatible avec les dernières orientations de l’État. Ces changements seront présentés dans le dossier d’étude d’impact confirmant la pertinence du projet. Et précise que “pour intégrer l’ensemble des engagements nationaux en matière de transition énergétique et de biodiversité, le projet a beaucoup évolué depuis la déclaration d’utilité publique en 2018”.

« Un projet exemplaire en matière de transition énergétique et écologique » selon Atosca

Sur le volet espèces protégées, Atosca va « préciser chacun des sujets évoqués dans l’avis du CNPN. « En tant que concessionnaire responsable, Atosca est incitée par l’avis du CNPN à détailler certains des résultats de ses études, à compléter son dossier soumis à l’enquête publique au titre de l’autorisation environnementale afin de présenter dans le cadre de l’enquête publique de cet automne, ce projet de nouvelle génération, et son exemplarité en matière de transition énergétique et écologique », précise Martial Gerlinger.

C’est à l’issue de cette enquête publique que le préfet doit délivrer une autorisation de début des travaux.

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