Jean-Luc Mélenchon ne peut plus représenter le féminisme selon les militants

L’affaire Adrien Quatennens n’a pas fini d’éclabousser La France insoumise, et en première ligne, son chef, Jean-Luc Mélenchon. Pour quatre membres de la « Relève féministe », un collectif formé spontanément avec l’affaire Quatennens et qui a contribué au retrait de Julien Bayou de la coprésidence des députés verts, l’ancien député est « grillé » « et ne peut plus représenter C’est un « ras-le-bol collectif » partagé dimanche par des centaines d’internautes face aux tweets de soutien à Adrien Quatennens de Jean-Luc Mélenchon et de certaines personnes insoumises, après ses aveux de violences conjugales.

La militante féministe et conseillère municipale écologiste de la ville de Paris, Alice Cofin, estime sur RTL que la dirigeante LFI, mais aussi le reste de la classe politique, “ne comprend rien aux enjeux féministes”. « C’est absolument catastrophique, ce n’est pas nouveau du tout. Ces questions de lutte contre les violences sexistes et sexuelles sont un angle mort complet pour l’ensemble de la classe politique », a-t-elle ajouté.

“Culture d’impunité”

Le chef insoumis a dénoncé “méchanceté policière, voyeurisme médiatique, réseaux sociaux” et a salué la “dignité” et le “courage” d’Adrien Quatennens, réitérant sa “confiance” et son “affection”. Rapidement, « des femmes de tous bords, trans, racisées, lesbiennes, d’outre-mer, adhérentes et non adhérentes dans les partis » se regroupent dans la « Relève féministe », car toutes en ont « marre de cette culture d’impunité et de cette omerta », rapporte Sirine Sehil, 25 ans, militante de « Nous tous » et de Générations, le mouvement fondé par Benoît Hamon.

Ils lancent des raids sur les réseaux sociaux pour interpeller les partis et réclamer une sanction exemplaire pour les agresseurs, même ceux qui les soutiennent. Moins de 24 heures plus tard, une de ces questions est relayée à la députée EELV Sandrine Rousseau dans l’émission C’est à vous sur France 5. C’est le début d’une deuxième affaire, qui conduira mardi le groupe des députés verts à suspendre Julien Bayou de ses fonctions de président. “Les réseaux sociaux sont notre seul moyen de nous exprimer car sinon personne ne nous écoute”, explique Axele Gibert, 26 ans, rédactrice en chef de l’émission égalité femmes-hommes pour la campagne présidentielle de Yannick Jadot.

Agresseurs “protégés”

Mais ils ne s’arrêtent pas là et publient une chronique dans Sortie où ils expriment leur indignation, notamment vis-à-vis du chef insoumis Jean-Luc Mélenchon. « Son tweet m’a abasourdie, je me suis dit : ‘l’homme défend l’homme’. Il sait en tant que troisième candidat à la présidentielle quelle influence il a dans ce pays, il savait ce qu’il faisait », s’indigne Sirine Sehil. D’ailleurs, l’ancien président du groupe LFI à l’Assemblée nationale a persisté et signé jeudi, déclarant, interrogé par la presse sur ses tweets, qu’il “pesait toujours ses mots”.

Pour Lou Toussaint, 23 ans, ancien candidat LFI dans la 7e circonscription du Bas-Rhin aux législatives de juin, “ce tweet n’aurait jamais dû être écrit et LFI aurait dû le dire” et non, “surtout les hommes”, se réfugier dans ” pudeur gazelle » – une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. “Pour moi il est grillé, il ne se représentera probablement pas mais je ne vois pas comment il peut représenter les féministes”, glisse Sirine Sehil, qui a “un petit goût amer” d’avoir voté pour lui en avril.

La « Relève » veut aussi remettre en cause la droite. “La parole se libère plus facilement à gauche”, constate Sirine Sehil. Pour Lou Toussaint, “il n’y a plus d’agresseurs à gauche mais à droite, ils sont systématiquement protégés, parfois jusqu’aux plus hautes sphères du gouvernement”. Si Sirine Sehil assure qu’elles “ne veulent pas remplacer le procureur”, Majlinda Audars menace, alors que ce sont “les femmes qui détiennent l’activisme” de la base : “Un jour, nous quitterons toutes” les partis politiques.

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