Le député LFI Manuel Bompard minimise la gifle de son collègue et suscite les critiques

Mots jugés “méprisable” et “honteux”. Interrogé sur le plateau de CNews sur l’affaire Quatennens vendredi 23 septembre, le député La France insoumise Manuel Bompard a déclaré : “Je ne minimise pas les faits (…), j’essaie de donner un sens aux choses : une gifle n’est jamais acceptable mais une gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours et une gifle n’est pas égale à une personne qui est accusé de viols après avoir drogué les personnes qui l’accusent”.

“Il faut arriver sur ces sujets à avoir de la nuance, à avoir des principes qu’il faut respecter, et il faut tenir compte de la parole de ceux qui s’expriment sur ce type de sujet”il a continué.

Plusieurs personnalités ont vivement critiqué les propos de l’élu LFI. Tout d’abord, la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, Isabelle Rome, sur Twitter : “Des paroles abjectes qui banalisent la violence. Des paroles qui nuisent à la lutte contre les violences faites aux femmes. Des paroles qui vous discréditent complètement sur ce sujet.”

“Tais-toi maintenant ! C’est assez !!” abondait dans un tweet Marlène Schiappa, qui détenait également ce portefeuille ministérieljugeant que ces propos “nuire considérablement à la lutte pour la protection des femmes contre les violences”.

Sur LCI, la députée EELV Sandrine Rousseau a également rappelé que“une gifle à son conjoint est un crime”. “C’est ça qu’il faut bouger car tous ces mots sont des mots qui minimisent les actes”dit-elle.

“MAIS CE N’EST PAS POSSIBLE !”s’est également indignée la militante féministe et conseillère EELV de Paris Raphaëlle Rémy-Leleu, sur Twitter. “Ce dont vous parlez avec les camarades insoumis depuis une semaine est insupportable. Arrêtez de parler de la violence. Au moins arrêtez de nous faire souffrir. Trouvez le courage d’en parler avec une féministe et en même temps supportez votre manque de connaissance du sujet, votre complaisance politique, et la douleur et la colère que vous générez”elle a insisté.

A l’extrême droite, Julien Odoul (RN) a évoqué un “Naufrage”tandis que Gilbert Collard (Reconquête) estimait que “la hiérarchie [des faits] est, en soi, insupportable !”.

Quelques heures après ces réactions, Manuel Bompard a réagi dans un communiqué publié vendredi sur Twitter. Selon le député des Bouches-du-Rhône, il s’agit d’un “mauvaise argumentation”. “Je n’ai jamais dit, ni pensé, qu’une gifle n’était pas grave”il a écrit.

“Je ne fais que rappeler les principes fondamentaux en droit : proportionnalité de la peine (…) et individualisation des peines (…). Par conséquent, une gifle ne sera pas sanctionnée aussi sévèrement que des coups répétés pendant des mois, voire des années”, se souvient-il. Et le député insoumis conclut : “La graduation ne sert pas à minimiser les faits mais à adapter les réponses et les sanctions”.

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