Les espoirs français « sont tombés sur deux hommes forts »

Comme leurs homologues Junior quelques heures plus tôt, les Espoirs français ont pu prétendre au titre mondial jusqu’aux tout derniers instants de la course mais repartiront finalement les Antipodes bredouilles. Ce vendredi, la bande de Pierre-Yves Chatelon n’a pas réussi à placer un coureur sur le podium du Championnat du monde et doit se contenter d’une place anecdotique dans le Top 10 pour son sprinteur Paul Penhoët sur le circuit de Wollongong, au sud de Sydney (voir classement). Longtemps pourtant, le Français a semblé en bonne position avec la présence de Mathis Le Berre en tête de course. « Les échappées, j’aime ça. J’arrive à tenir la distance. C’était prévu au briefing, les gars n’avaient pas à rouler derrière. S’il y avait de grandes nations devant, il fallait y aller et c’est ce que j’ai fait. Tu ne devrais pas être piégé”dit le Breton, en zone mixte, pour DirectVélo.

Dans la partie décisive de la course, le futur professionnel d’Arkéa-Samsic a fini par s’isoler avec le Belge Alec Segaert et le Tchèque Mathias Vacek. « Dans la bosse, j’ai un peu accéléré parce que ça revenait. Puis nous en avons rencontré trois. Quand il n’y avait plus que 30 secondes, nous avons dû recommencer. On ne savait pas ce qui pouvait arriver, Romain (Grégoire) aurait pu venir par derrière par exemple. Il valait mieux avoir une longueur d’avance”, explique-t-il lorsqu’on lui demande pourquoi il en a – semble-t-il – fait beaucoup (voire trop ?) parfois. D’ailleurs, Mathis Le Berre a fini par s’énerver lorsqu’on lui a demandé de passer (encore) de gros relais en finale contre des athlètes plus frais. « Ils voulaient quand même que je passe alors que j’avais été devant pendant 140 bornes… Il n’a pas fallu abuser non plus, j’étais à toute allure. Je ne pouvais plus passer. Je ne sentais plus mes jambes après avoir tout donné pour les gars. Je me suis sacrifié comme il fallait”. Le vainqueur du dernier Tour de Normandie a finalement craqué dans le dernier tour, à dix kilomètres de l’arrivée, après le retour par derrière du futur vainqueur Yevgeniy Fedorov.

CHUTE MALHEUREUX POUR EDDY THE EIGHTOUZE

Les Bleus n’avaient alors plus qu’à miser sur les coureurs restés au chaud jusque-là. Romain Grégoire a allumé une première mèche dans l’ascension, avant que Bastien Tronchon n’y aille à son tour, à huit bornes du but. « Mathis nous a soulagés de toute la course. Nous n’avions pas à prendre nos responsabilités, nous attendions juste la finale. Ensuite, c’était à nous. J’ai commencé un peu trop tard dans la dernière montée et ce n’était pas suffisant pour faire la différence. En partant d’un peu plus tôt, je pense qu’on aurait pu prendre les deux qui étaient devant. Mais c’est comme ça, on ne peut pas refaire le monde”, regrette le dernier cité après coup. Bastien Tronchon, qui sera pro chez AG2R Citroën en 2023, espérait bien sûr autre chose de cette Coupe du monde. « Il y a forcément de la déception car on avait des cartes à jouer pour faire mieux que ça. Mais nous n’avons pas grand chose à regretter. Nous avons essayé. Mathis a été devant toute la journée, j’ai essayé dans la dernière montée puis on a tout fait pour Paul (Penhoët). Nous sommes tombés sur deux grands gars. La chute d’Eddy Le Huitouze nous a fait mal car c’était un élément clé de notre effectif pour rouler derrière l’échappée. C’est dommage car il était en pleine forme mais on a fait avec ce qu’on a pu..

Paul Penhoët, justement, a donc été la dernière carte à jouer pour les Bleus lors des cinq dernières minutes de course. Alors que ses compatriotes et coéquipiers d’un jour n’ont pas réussi à faire la différence dans la dernière ascension, il a fallu se résoudre à jouer la carte du sprint en petits groupes, pour le coureur Groupama-FDJ. “Pendant un moment, j’étais vraiment bon et je me sentais à l’aise dans la bosse. J’imaginais anticiper parce que je pensais que ça se réglerait plus tôt. Mais au final, je m’en suis bien sorti et je me suis retrouvé moins bien dans les deux derniers tours. Il fallait vraiment que je m’accroche, mentalement »dit-il d’abord. “On avait surtout une tactique autour de Romain (Grégoire) mais au final, il ne s’est pas senti très bien”précise Paul Penhoët, qui a vu le Franc-Comtois se sacrifier pour lui en finale. « J’ai été décroché en haut de la dernière bosse et j’ai mis du temps à me lancer dans la descente. Mais dès que je suis revenu dans le peloton, Romain a commencé à rouler pour moi. Puis Bastien a pris la tête du 1500 mètres mais ça n’a pas suffi”. Paul Penhoët avoue alors ne pas avoir réalisé son meilleur sprint de la saison dans les derniers hectomètres. « J’ai commencé le sprint très tôt. Avec le vent arrière, je pensais que ça irait très vite mais au final, c’était un sprint usé. C’était très long, trop long pour moi. J’ai chuté dans les derniers mètres”. Toujours pas question de “avoir le blues” pour ceux qui préfèrent « garder le positif » de cette expérience avec “un super groupe”.

(function(d, s, id) { var js, fjs = d.getElementsByTagName(s)[0]; if (d.getElementById(id)) return; js = d.createElement(s); js.id = id; js.src = "https://connect.facebook.net/fr_FR/sdk.js"; js.async = true; fjs.parentNode.insertBefore(js, fjs); }(document, 'script', 'facebook-jssdk'));

Leave a Reply

Your email address will not be published.