Les Ukrainiens fuient les régions occupées par la Russie pour ne pas être enrôlés de force dans l’armée après les référendums

“Là, c’était insupportable, comme si on avait une corde autour du cou qui se tirait petit à petit.”Igor, 43 ans, regrette. Malgré la peur, et malgré le climat de méfiance et de terreur, l’Ukrainien a quitté sa ville de Melitopol, sous occupation russe, avant que le piège ne se referme sur lui. Il vient d’arriver à Zaporijia – la ville est sous contrôle ukrainien contrairement au reste de sa région. Du 23 au 27 septembre, les habitants des régions d’Ukraine occupées par la Russie ont été invités à voter. Un référendum dans les régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson conduirait à l’annexion de ces territoires à la Fédération de Russie.

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Symbole puissant du Kremlin, c’est aussi un moyen de gonfler les rangs de l’armée russe. Les hommes de ces régions, comme Igor, craignaient d’être enrôlés une fois leurs terres devenues russes. “J’ai compris qu’après le référendum, les Russes avaient l’intention de capturer tous les hommes ukrainiens pour les envoyer à l’arméeexplique Igor. Puis la propagande russe annonçait 10 ans de prison si on ne répondait pas aux convocations. C’était trop pour moi, alors je suis parti.

Igor, sur le parking du centre de réfugiés de Zaporijia, vient d'arriver de Melitopol, jeudi 22 septembre.  (Boris Lemagne/Radio France)

En effet, après le référendum, si le “Oui” l’emporte, les territoires occupés appartiendront à la Fédération de Russie. Sa population sera donc russe, selon Moscou, et donc susceptible d’une mobilisation dans l’armée, comme l’a annoncé Vladimir Poutine, mercredi 21 septembre, mobilisation partielle. C’est pourquoi Victor, 37 ans Des années ont fui son village : Là, ils préparent le référendum, il y a de la mobilisation, et je ne suis pas prêt à me battre pour ce pays.”.

“Après le référendum, il est très probable que nous n’aurons plus accès au territoire contrôlé par l’Ukraine”

Victor, 37 ans Ukrainien

à franceinfo

Selon plusieurs témoignages confirmés par un élu local, il est désormais interdit aux hommes âgés de 18 à 35 ans de quitter les territoires occupés. Ainsi, aujourd’hui, dans le centre d’accueil de Zaporijia, les réfugiés sont rarement trouvés. « Il y a de moins en moins de monde en ce momentDaniel, un bénévole, fait remarquer. Les jeunes hommes sont arrêtés aux barrages routiers. Les Russes les sortent des voitures et les laissent dans les territoires occupés.” opinion « La situation a changé depuis l’annonce du référendum..

Avant cela, entre 1 200 et 1 500 réfugiés passaient ici chaque jour. Ils ne sont plus que quelques centaines.

Les Ukrainiens fuient une éventuelle conscription dans l’armée russe – Reportage de Boris Lomani et Eric Odra

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