“Notre hôpital va mal, c’est de pire en pire” : le cri d’alarme des soignants de l’hôpital de Bigorre

Jeudi matin, à l’occasion d’un appel à la grève de la CGT avec débrayage, dans le cadre de la journée nationale d’action des personnels de santé et d’action sociale, un rassemblement a eu lieu devant le centre Hospitalier de Tarbes.

“La situation va de mal en pis. Nous avons traversé un été très difficile, avec de nombreux rappels de soignants et des congés déplacés. La direction est même allée jusqu’à rappeler des retraités qui, pour la plupart, refusaient de venir”. Le constat de Sandrine Bautru, coiffeuse à l’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de Vic-en-Bigorre et trésorière du syndicat CGT au centre hospitalier de Bigorre, est très alarmant. « Nous travaillons toujours en flux tendu. La solution de la direction est de fermer des lits et de transférer les patients vers d’autres services, inadaptés. De plus, nous faisons sortir les personnes âgées qui viennent de se faire opérer pour favoriser l’hospitalisation à domicile, alors qu’elles rester en établissement” explique Françoise Nicolas, aide-soignante au centre hospitalier de Bigorre, depuis dix ans.

Le projet d’hôpital unique « supercherie intellectuelle »

Les ambulanciers du service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) subissent également la réorganisation du service, comme l’explique Michel Genais. “Nous sommes passés à un ambulancier par véhicule (au lieu de deux auparavant), et un ambulancier sur quatre est affecté aux urgences, en horaires décalés, sans compter les pannes de véhicules et les abandons non remplacés. C’est simple : quand je suis revenu à Smur en En 2014, il y avait 29 ambulanciers. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 20, avec une moyenne d’âge de 52 ans. Malgré un mois et demi de grève, la direction n’a rien voulu entendre”. Conditions de travail dégradées, manque de personnel et surtout dégradation de la prise en charge des patients : les personnels réunis jeudi matin à l’appel de la CGT devant le centre hospitalier de Tarbes partagent le même diagnostic. “Oui, notre hôpital va mal. Il est urgent d’exiger des moyens qui répondent aux besoins de la population en matière de santé. Les équipes souffrent, sont épuisées, fatiguées par des conditions de travail toujours plus dégradées” déclare le syndicat CGT de l’hôpital de Bigorre centre, qui dénonce “l’inefficacité totale du Ségur de la santé à résoudre les maux profonds de notre hôpital”. En attendant le projet d’un hôpital unique à Lanne, que la CGT qualifie de “tromperie intellectuelle”, “comment passer l’échéance actuelle sans moyens humains avec des équipements obsolètes, et avec peu ou pas d’investissements. Quel avenir pour notre Haut -Santé pyrénéenne ?” Elle se demande.

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