Pourquoi l’acteur a-t-il caché si longtemps son cancer de la moelle osseuse ?

Bourvil aimait s’amuser et a fait rire des millions de téléspectateurs avec ses rôles drôles et naïfs. Mais derrière cette figure populaire du cinéma français (qui détestait Fernandel…) se cachait un homme modeste et déterminé. Aujourd’hui, Bourvil, dont l’amitié avec Jean-Pierre Mocky reposait sur un malentendu, est sans doute l’un des acteurs les plus attachants et les plus marquants du cinéma comique et populaire français. La soirée qui lui est consacrée par la chaîne France 3, ce soir, à 21h10, avec le documentaire inédit La traversée de Bourvil (dont le titre fait évidemment référence au film La traversée de Paris) est l’occasion d’en savoir plus sur lui.

Bourvil : la famille avant tout

A 17 ans, André Raimbourg, dit Bourvil, rencontre Jeanne lors d’un bal, mais il attendra neuf ans avant de l’épouser. Pas par hésitation, mais parce que le futur acteur veut gagner assez d’argent pour vivre à Paris avec elle. Ensemble, ils auront deux fils, Dominique et Philippe, et si l’acteur vit pour son métier, il renonce facilement à un film pour passer des vacances avec sa femme et ses enfants. Lorsqu’il fait le tour de Paris ou qu’il y joue au théâtre, il déjeune et dîne avec eux. Et il ne travaille que neuf mois par an, afin de profiter de ses proches. Des proches qu’il éloigne de sa vie professionnelle.

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Bourvil : le cinéma, sa seule tribune

Bourvil a toujours refusé de s’exprimer en public sur des sujets qui ne concernaient pas son art, prétextant que ce n’était pas son rôle et qu’il n’avait pas les compétences pour le faire. “Je ne suis ni philosophe, ni grand écrivain, ni homme politique. Je ne suis qu’un acteur. Et un chanteur parfoisil aime préciser. J’aime parler de mon travail, mais c’est tout. J’ai tellement peur de dire des bêtises…» Il n’hésite cependant jamais à choisir des projets qui lui permettent d’aborder des sujets sensibles, voire sulfureux, sur la société française des années 1960. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky lui en a donné l’occasion à quatre reprises, avec des films comme Un drôle de paroissiensur la religion, Le talonsur le sexe…

Bourvil : discret jusqu’au bout, il a caché sa maladie

En 1969, on lui a diagnostiqué un cancer de la moelle osseuse. Une maladie que Bourvil cachera soigneusement… par nécessité, craignant de ne plus pouvoir travailler si les assureurs l’apprennent. Souffrant en silence depuis trois ans, il continue de filmer malgré d’intenses douleurs et une paralysie de la langue. Avec rage, il s’entraîne devant le miroir, afin de trouver une élocution parfaite. Alors que le mal le ronge, il affirme encore qu’il est “verni” pour être ainsi épanoui par son travail et sa famille. Connaissant sa fin proche, mais toujours optimiste, ou dans le déni, il signe de nouveaux projets qu’il ne fera jamais : un spectacle à l’Olympia, le film La folie des grandeurs avec ses anciens complices Gérard Oury et Louis de Funès. Il tourne son dernier film, Le Mur de l’Atlantiquedurant l’été 1970. Il meurt en septembre, à seulement 53 ans.

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