Violences faites aux femmes : l’embarras des Nupes

UN A la veille de la rentrée au parlement, la gauche ne manque pas de sujets de mobilisation : la réforme des retraites à laquelle elle s’oppose, la taxation des superprofits pour laquelle elle milite, la transition écologique dont elle rêve d’être le fer de lance. Or, depuis une semaine, La France insoumise (LFI) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV), deux des composantes de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), sont inaudibles sur ces sujets. Elles sont empêtrées, à des degrés divers, dans des affaires de violences faites aux femmes qui les discréditent et, par ricochet, fragilisent tout l’édifice.

A LFI, Adrien Quatennens, le coordinateur du mouvement, a dû prendre du recul après Le canard enchaîné a révélé l’existence d’un manuel des violences, déposé par sa femme en instance de divorce. Il arrive tout de même que le député du Nord s’accorde cinq jours de réflexion avant de mettre son rôle au sein de LFI entre parenthèses. Il est entendu que la décision est personnellement difficile à assumer. Rien, en revanche, ne justifie la complaisance de Jean-Luc Mélenchon qui a accumulé les chances d’une cause devenue l’un des principaux combats de sa formation. Le chef des « insoumis » a commencé par dénoncer la “malveillance policière, voyeurisme médiatique, réseaux sociaux” qui “ont été invités” dans ce “divorce contradictoire”avant de saluer le ” dignité ” et le ” courage ” ré’« Adrien », sans un mot pour la victime. Depuis, il a un peu corrigé la situation sans parvenir à dissiper le malaise intérieur.

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A EELV, Julien Bayou, le coprésident du groupe, a lui aussi dû prendre du recul mardi 20 septembre, après avoir été interpellé publiquement par la députée Sandrine Rousseau, porte-parole de l’écoféminisme au sein du même parti. Le chef de file des Verts est accusé d’avoir eu un comportement inapproprié envers son ex-compagnon, qui a saisi durant l’été l’instance interne qui gère le signalement des violences sexistes et sexuelles.

Une bataille emblématique de la gauche

Les deux affaires n’ont pas grand-chose à voir : dans la première, l’accusé a reconnu des actes de violence. Dans le second, les faits ne sont pas prouvés. A EELV, le contexte pré-congrès se prête aussi aux règlements de comptes. Néanmoins, le constat est le même : la gauche est prise dans l’un de ses combats les plus emblématiques car elle semble incapable d’égaler ses paroles et ses actes.

On peut certes admettre que toute révolution sociétale nécessite une période d’adaptation. A gauche comme à droite, la libération de la parole des femmes, après des siècles de silence, s’attaque à tous les partis qui ont été et restent encore souvent dominés par les hommes. Chaque révélation embarrasse leurs dirigeants, habitués à l’étanchéité entre vie publique et vie privée. Aucun n’a l’autorité ou la volonté, y compris le gouvernement, d’édicter des règles internes incontestables.

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Mais s’il y en a un qui ne pouvait pas se permettre le moindre échec, c’est bien Jean-Luc Mélenchon. Le patron des « insoumis » a su attirer à lui les féministes, porter leur cause et encourager leur radicalité. En réagissant comme un chef de meute uniquement soucieux de défendre ses protégés, il les prend complètement à revers.

L’ébranlement de l’autorité des « insoumis » n’en est pourtant qu’à ses débuts. Du Parti socialiste au Parti communiste en passant par EELV ou les « insoumis », beaucoup poussent de grands soupirs, mais personne n’est en mesure de le défier à la direction. La faute à Mélenchon est donc devenue dans ce retour le boulet de tous les Nupes.

Le monde

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